Monsieur Orenstein, recevez nos respectueuses salutations.
Article mis en ligne le 16 février 2020
dernière modification le 30 août 2020

par jpzeidman
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L’émotion a été palpable deux heures durant dans la grande salle polyvalente du collège où, avec quelques personnalités, étaient rassemblés tous les élèves de 3ème pour écouter le témoignage de Monsieur Orenstein. C’est dans un silence respectueux que les élèves ont reçu une belle leçon de vie de ce monsieur qui se qualifie lui-même de "dernier des Mohicans". La guerre, à l’exception malheureuse de quelques élèves de classe d’accueil, est quelque chose de totalement abstrait pour nos collégiens, une « chose » d’une époque révolue qui ne trouve sa place que dans les musées et les films qu’ils voient sans vraiment d’émotion malgré le travail de mémoire fait notamment par leurs professeurs d’histoire. On ne peut pas leur en vouloir, leurs parents, voire leurs grands-parents eux même n’ayant pour la plupart pas connu de guerre. Et c’est tant mieux. La notion de temporalité pour les époques antérieures à la naissance des membres les plus âgés de nos familles est floue et dans les esprits, les morts de la guerre de cent ans côtoient ceux de la dernière guerre mondiale. Avec la présence de Monsieur Orenstein, les élèves ont eu face à eux un homme en chair et en os ayant été prisonnier dans six camps de concentration dont Auschwitz, un homme qui a pu leur raconter l’assassinat de la plupart des membres de sa famille par les nazis et la grande marche de la mort dont il est un des derniers survivants. La loi de proximité chère à la presse qui fait que l’on est plus ému par un accident se produisant dans notre rue que par une épidémie à l’autre bout du monde a produit son effet. Sauf que la proximité au lieu d’être géographique était temporelle. Le récit de cet homme de 94 ans à la mémoire sans faille a amené les années 1939-1945 devant notre porte et les élèves ont réalisé grâce à sa présence que cette guerre ne fait pas partie d’un passé lointain mais qu’elle est arrivée hier, ce matin et même qu’elle continue puisque aujourd’hui encore, des gens continuent à nier l’existence des chambres à gaz. Ses paroles ont suscité chez tous l’émotion, chez certains la sidération. Souhaitons que pour beaucoup, elles aient suscité l’envie de combattre ces bêtes immondes que sont le racisme et l’antisémitisme et qui malheureusement sont encore bien vivantes.
Les élèves qui après le témoignage sont restés près de lui pour lui poser des questions ont pu constater aussi que sa vie, privée d’adolescence puisque ayant été prisonnier de 12 à 18 ans il est directement passé de l’enfance à l’âge adulte, ne l’a pas privé d’un sens de l’humour qui renforce son humanité et à lui seul force le respect.
Très longue vie à vous Monsieur Orenstein.