Atelier écriture
Article mis en ligne le 10 juin 2014
dernière modification le 12 juin 2014

par Mme Burth

Huit séances de 1h30 de février à avril 2014. La première commence autour d’une table, au collège.
Qu’est-ce qu’écrire du théâtre ? Qu’est-ce qu’écrire ? La feuille blanche se remplit progressivement d’un portrait chinois à l’écriture d’une courte fiction. Le ton est donné.

Deuxième séance aux Célestins pour une visite du théâtre. De la scène aux coulisses en passant par les loges et le paradis, les jeunes suivent le guide et s’enfoncent dans le dédale du théâtre. Une rencontre avec les costumiers vient enrichir ce parcours entre deux ateliers d’écriture. Ces temps d’écriture se poursuivent, toujours accompagnés par l’autrice et l’enseignante référente du projet.
Assez de temps pour construire une saynète où les fantômes du théâtre nous racontent leur histoire, leurs regrets.

Le projet se conclut au théâtre des Célestins, au bar des corbeilles, qui accueillent la mise en voix de ces textes. Les mots écrits pour et avec le théâtre résonnent, ricochent sur les miroirs de l’espace qui devient, le temps d’un dernier atelier, le lieu de tous les possibles.

Le pari était risqué : faire écrire des jeunes, souvent réticents à l’écriture et aux projets scolaires, sur un lieu étranger. Et pourtant, la magie opère, ce livret recèle les paroles de ces fantômes peuplant le théâtre.

La compagnie Traversant 3 remercie la Ville de Lyon pour son soutien financier dans la mise en place de ce projet d’atelier d’écriture via le CEL, ainsi que Marie-Françoise Palluy-Asseilly, relation publique aux Célestins, pour nous avoir gracieusement ouvert les portes du porte, révéler ses secrets et permis d’apprivoiser l’espace.

Sans l’implication de Suzanne Guillemin, autrice et intervenante, ainsi que d’Aurélie Burth, enseignante au collège Raoul Dufy, ce projet d’écriture n’aurait pu se faire.

Merci et bravo pour leur persévérance et leur motivation.

Enfin, nous félicitons les jeunes présents à cet atelier pour avoir vaincu leur peur de l’écriture et avoir bravé les craintes soulevées par l’univers inconnu du théâtre.

Merci à Afaf, Amandine, Bachra, Caroline, Kimberley et Maissa.
La compagnie Traversant 3

PROLOGUE

Vous êtes au théâtre des Célestins.

Dans le grand hall d’entrée des têtes avec des émotions sculptées sur le visage vous contemplent : ce sont les dramaturges passés.
S’ils sourient, c’est qu’ils ont écrit des comédies,
Quand ils ont des yeux et la bouche tristes, c’est qu’ils ont écrit des tragédies.

En prenant les escaliers, on peut voir des grandes salles avec des tableaux, des peintures, des dorures.

La salle de spectacle est bien rouge, de forme arrondie, élégante et confortable.
La forme en U regroupe les gens.

Les présidents avaient leur place dans la grande loge sur le côté de la scène. Mais Mitterand un jour a décidé qu’il n’y voyait rien et qu’il s’y ennuyait.

Sur la grande scène, on a pu voir la reproduction de l’éruption du Vésuve. On a vu des feux d’artifices. On a construit une piscine pour un acte, puis on a dû imaginer comment l’enlever au second.

Dans les sous-sols de la scène, deux squelettes reposent : les ouvriers les ont découverts en faisant des travaux. Un véritable sac d’argent a été retrouvé à leur côté.

Mais peut-être qu’ils ne sont pas seuls....

La nuit, une servante reste allumée, veille sur le théâtre vide.

Ce qu’on ne sait pas, c’est qu’après le départ de tous les vivants, l’espace est encore habité.

LES TISSUS EN DENTELLE ROSE DE CAROLINE

Mais où sont ces fichus tissus de dentelle rose que je cherche depuis des siècles !
J’étais pourtant sûre de les avoir laissés là avant ma...
Est-ce quelqu’un les a pris ?
Je suis Caroline, ancienne costumière au Palais des Célestins.
Je suis née en 1860, j’ai commencé à travailler au théâtre à partir de mes 16 ans et j’y suis restée jusqu’à mes 40 ans.
Je travaillais seulement en loge, j’y passais toute ma journée, pour y fabriquer des costumes et des masques.
C’est un métier fabuleux que d’accompagner des comédiens à monter sur une scène, et de leur donner une image selon le costume que je leur ai fait !
Et les tissus, chacun différent, chacun d’une qualité extraordinaire !
Je me souviens du premier costume que j’ai fait : j’avais utilisé de la soie et d’autres matières très nobles.
Lorsque je l’ai terminé, ça a été la révélation :
j’ai su que je voulais faire ça tout au long de ma vie.
Je me souviens aussi de ma plus belle robe, longue, en dentelle et en coton, d’une couleur lavande parfaite.
Je n’ai eu ni enfant ni mari, le théâtre était ma deuxième maison.
Je suis morte d’une façon tout à fait banale à mon âge, d’une crise cardiaque, et me suis promise avant ma mort de ne jamais oublier cet endroit.
Et j’y suis toujours aujourd’hui, pour pouvoir continuer ce métier que je fais depuis si longtemps et que je continuerai à faire.
Je me sens bien aujourd’hui, j’ai pris mes marques ici, et en tant que fantôme, je ne suis pas prête de partir.
Dites, si vous les trouvez mes tissus en dentelle, j’aimerais bien que vous me les déposiez sur le bord de la fenêtre du foyer du public.

AFAF

LA JEUNE FILLE A LA ROBE INCENDIEE

Ah toujours cette odeur de brûlé !
Cette robe incendiée,
Cette robe immonde,
Vais-je rester toute ma vie dedans ?
Ah oui, j’oubliais : je suis morte !
Je vais vous raconter mon histoire :
Je suis Élisabeth.
Je suis née d’un père bourgeois, mais d’une mère paysanne.
Je venais au théâtre pour rencontrer des jeunes hommes et montrer mes nouvelles robes.
J’en avais plein : de toutes les couleurs, certaines en dentelle et d’autres non.
Elles étaient si belles à l’époque... Maintenant je vois des jeunes filles se trémousser dans leur jean slims !
Rien n’est plus coquet que les jolies robes...
Par contre, dans le foyer du public, l’ambiance n’a pas changée : il y a toujours ces filles à papa qui se montrent.
Déjà, à l’époque, je ne pouvais pas supporter les filles de ce genre...
Je suis morte en 1871.
Lors d’un spectacle, comme d’habitude, j’avais repéré un jeune homme, un anglais du nom de Mickaël...
Ah, Mickaël, si beau à l’époque : je me demande bien ce qu’il est devenu....
Mais en plein milieu du spectacle, j’ai entendu des cris, et lorsque j’ai tourné la tête, il y avait des flammes partout !
Lorsque je me levai du siège ma robe avec sa longue traîne resta accrochée : je ne pouvais plus partir !
Les flammes m’emportèrent et je fus brûlée dans ce cri : « Mickaël ! »
Des jeunes hommes, il en vient encore au théâtre. Ils ne me déplaisent pas du tout, assez charmants, le sourire aux lèvres....
Mais malheureusement, je ne peux rien faire à part rester bouche bée devant ces hommes !

KIMBERLEY

L’ ETRANGERE (texte non finalisé)

Je suis Cataleya, et cette année j’aurai du fêter mes 20 ans avec mes amis et ma famille.
Mais à cause d’une tragique histoire ce ne sera plus possible, que ce soit pour mes 25 ans ou mes 32 ans ou mes 99 ans.
J’habitais une petite banlieue en plein centre de l’Espagne avec mon père, ma sœur et mon chien Rocco.
A ce moment-là, c’était l’été et mon père, pour mon anniversaire, avait décidé de me faire la plus belle des surprises : m’emmener à Lyon, et aussi au théâtre des Célestins. Je m’y intéressais énormément, il est si beau ! J’étais folle de joie.
Je vous passe la partie où on fait les valises, et celle où l’on fait de longues heures de route pour enfin arriver à Lyon.
Nous voilà au Célestins, le spectacle va commencer, tout est parfait, nous sommes loin de la scène car nous n’avons pas le luxe de prendre des places plus chères.
Le spectacle est magnifique, les acteurs jouent très bien leur rôle.
Et comme c’est mon anniversaire, mon père m’a emmené voir une comédie, et non une tragédie.
Au milieu du plateau, il y avait pour décor une seule bougie.
Tout à coup, au milieu du spectacle, je l’ai vue trembler, trembler comme.....
..............
J’ai crié « Attention ! »
Personne autour de moi ne semblait comprendre.
La foule s’est mise à s’agiter sous mes yeux, il y a eu un énorme mouvement, comme si elle se précipitait vers la sortie.
C’était comme dans un rêve.
Je suis tombée à terre.
J’ai repris conscience, non en tant que vivante, mais en tant que morte.
Plus tard, j’ai lu dans les journaux :
- 
- 
- 
- 
- 
Au fond, je me plais bien dans ce théâtre.
J’assiste à des spectacles, chaque soir. C’est beau, c’est magnifique !
Mais je me demande où est ma famille.
Je voudrais la voir,
Mais je ne peux pas sortir d’ici.
Je suis bloquée pour toujours, avec ce manque d’amour éternel.

AMANDINE

L’ AMOUREUSE TRAGIQUE

Je suis Elsa Bloom.
Ma mère est morte lorsque j’avais un an.
Ma vie fut menée par mon père.
Ma vie est une triste tragédie.
Ma mère a rencontré mon père dans ce théâtre : il était acteur, un acteur charmant avec une chevelure assez courte... charmant !
Ma mère, blonde aux yeux bleus, vivait une vie qu’elle ne dirigeait pas elle-même, une vie aussi dirigée par son père.
Quand elle vit ce jeune acteur, elle décida de se marier au plus vite.
Et puis, me voilà au monde !
Mais ce fut de courte durée. Ma mère mourut si vite...
Déception,
Colère,
Haine :
Mon père n’était plus que l’ombre de lui-même,
Triste vie, triste tragédie.
Il m’emmenait avec lui au théâtre.
A 2O ans, je vis ce jeune homme, acteur lui aussi : je tombai amoureuse !
Pendant tout le spectacle, mes yeux sont restés fixés sur ses cheveux bruns, sa beauté exceptionnelle, sa carrure robuste, ses yeux noisettes, clairs, ses lèvres, tracées rose pâle, son teint parfait.
Ce jour-là, oui, j’ai vu l’amour de ma vie jouer le jeune premier au théâtre.
Il se nommait Robin Schniroff.
Je décidai d’être madame Schniroff, Elsa Schniroff...
2 ans après,
Misère
Robin ne revint plus à la maison.
Où était-il ?
On l’a retrouvé mort, tué à l’épée, transpercé sur la scène des Célestins.
Le gouffre.
Je ne pouvais pas vivre sans lui.
Lui et moi, c’était comme gravé dans la pierre.
Il n’y avait plus aucune raison que je vive dans ce monde tragique.
Je n’en pouvais plus des morts :
Je voulais voir ma mère...
et lui.
Je me suis allongée sur la scène,
comme en train de pourrir,
et sans hésiter,
je me suis poignardée.
Moi, ma mère et Robin, nous hantons le théâtre, et cela pour toujours...
Nous y sommes liés pour l’éternité.

BACHRA

LA FEMME INVISIBLE

Je m’appelle Béatrice Legrand, j’ai été femme de ménage aux Célestins toute ma vie.
J’ai commencé à travailler de mes 19 ans jusqu’à mes 48 ans.
Je nettoyais tout le théâtre : les loges, la scène, les fauteuils
Pour les autres, j’ai toujours été invisible :
Je ne servais à rien, juste à nettoyer le bazar des autres.
Je détestais faire les loges car les acteurs faisaient exprès de laisser leurs affaires par terre, ils ne les remettaient jamais en place.
Mais j’adorais aller dans la pièce avec des costumes : j’en ai essayé plusieurs.
Je pouvais être une princesse, puis vingt minutes après un animal.
Je variais entre les personnages, je pouvais être autre chose qu’une femme de ménage, je pouvais être quelqu’un ou quelque chose d’autre pendant plusieurs heures et c’était le rêve !...
Jusqu’à ce que je retourne à la réalité.
Jusqu’à ce que je redevienne moi.
Je faisais tout dans ce théâtre !
Je changeais même les bougies sur le lustre, ce qui causa ma mort.
Je me tenais suspendue grâce à une grande corde :
J’ai chuté sans m’en rendre vraiment compte à cause de la fatigue et je me suis retrouvée morte entre les sièges.
J’étais seule lors de ma chute : ça ne changeait pas de d’habitude !
Deux heures après, une main dure, grosse m’a empoignée le pied et m’a tiré jusqu’à ma petite chambre, dans un recoin des Célestins.
Il a dit d’une voix grave et cassée « On vient de perdre un quart de ce théâtre. »
Je n’ai jamais su qui était cet homme.
Et pourtant, je l’ai cherché longtemps car c’était sûrement l’un des seuls à me remarquer et à me donner de l’importance.
On a dégagé mon corps, mais pas mon âme !
Depuis, je hante les Célestins au-dessus du lustre, car maintenant ce ne sont plus des bougies mais des lampes qui s’allument juste en appuyant sur un bouton.
Au moins personne ne pourra mourir....
Ce théâtre m’a tuée.
Je ne vivais et ne vis malgré tout que pour lui.

CAROLINE

L’ ENNUI ETERNEL

Toujours des spectacles, cet enchaînement infini de spectacles !
Ils sont tous pareils !
Tous ennuyeux !
J’sais pas comment on peut trouver ça amusant :
On est assis, on ne peut pas bouger, ni parler, ni prendre des photos !
Moi, je suis Léa et je venais au théâtre parce qu’on m’obligeait à y aller.
Ça ne m’intéressait pas !
En plus, je suis morte parce qu’une bougie m’est tombée sur la tête et a enflammé mes cheveux.
Et tout ça parce que j’étais pauvre !
Ben oui, à l’époque où je vivais, les pauvres, c’était dans la fosse !
On était tous serrés, la cire nous tombait sur le crâne...
Et on était debout ! Si tu n’as pas envie de faire une chose, c’est pire si tu le fais debout.
Les gens transpiraient de partout.
Pendant ce temps-là, les riches se regardaient, fièrement.
Aujourd’hui, c’est tout le contraire de notre époque.
Aujourd’hui, les pauvres ne sont plus dans la fosse, ils sont au poulailler !
Mais le théâtre ça ne change pas, c’est terriblement ennuyeux,
C’est pas la vie, la vie c’est chanter, oui, je voulais être chanteuse,
J’aurai voulu hanter une salle de concert,
au moins on peut y bouger et surtout CRIER !

DIALOGUES DE SPECTRES

ELSA BLOOM : Oh ! Le spectacle va commencer !
ELISABETH : Venez installons-nous !
Elles se regroupent.
BEATRICE LEGRAND , à Caroline : C’est bien de te voir ici, toi, tu ne viens pas souvent !
CAROLINE : Vous me connaissez : je préfère rester dans la salle de couture.
ELISABETH : Ah ! Moi je préfère les loges. Il y a tant de maquillage.
C’est bête que je ne puisse plus revoir mon reflet dans le miroir.
ELSA BLOOM : Moi je préfère rester ici, dans la salle du spectacle, là où j’ai rencontré mon amour.
BEATRICE LEGRAND : Comment va-t-il ?
ELSA BLOOM : Il répète son rôle de Roméo. Mais personne ne l’entend. Pourtant il y met une passion...
LEA, baille : Ben moi, si j’étais vivante, je monterais sur scène et je prendrais un micro, pour rendre les spectacles d’ici bien plus énergétiques.
BEATRICE LEGRAND : Énergiques !
LEA : Quoi ?
BEATRICE LEGRAND : Énergétiques, c’est pour les barres de céréales. Les comédiens s’en empiffrent. Et les miettes qu’ils laissent traîner par terre....
ELSA BLOOM : J’espère que cette fois-ci, le spectacle ce sera une histoire d’amour, très romantique, avec une fin tragédique. Avec un décor fait de roses, et de la musique douce.
ELISABETH : Oui, si j’étais metteuse en scène, je monterais une histoire de chevaliers, se combattant pour une princesse. Et je serai la princesse.
CAROLINE : J’aimerais que pour une fois, il n’y ait pas des comédiens, juste des costumes... On pourrait les voir flotter, les admirer, sans comédiens dedans....
BEATRICE LEGRAND, apercevant Cataleya : Tiens, voilà la petite nouvelle. Viens t’installer avec nous !
Cataleya s’assoit silencieusement.
Ça va ?
Cataleya ne répond pas.
CAROLINE : C’est normal, elle n’est pas encore habituée....
9ELISABETH : On ne s’y habitue pas.
BEATRICE LEGRAND : Et puis, elle est de cette époque. Elle la connaît, elle, cette époque.
LEA : Elle a de la chance ! J’aurai voulu, moi quand j’étais vivante, pouvoir passer des auditions
gratuites, et chanter ... dans ce petit carré lumineux là....
CATALEYA : La télévision !
CAROLINE : Ah oui. La télévision. C’est ce tout petit théâtre qu’on peut avoir chez soi, non ?
ELSA BLOOM : Cette époque d’aujourd’hui, là, moi, je trouve qu’elle manque tragiquement d’amour.
CAROLINE : Je ne sais pas trop quoi en penser....Il a quand même bien changé le monde, les costumiers sont moins payés, et les costumes sont de moins grande qualité, car ils ne sont plus faits comme moi je les faisais, à la main, dessinés sur du papier, et pas sur des ordinateurs.
Toutes ces technologies, cela m’impressionne et me fait peur à la fois, car si c’est comme c’est maintenant, imaginez dans 50, 100 ans, il n’y aura peut-être plus de mains, plus la finesse des doigts pour coudre...
ELISABETH : Moi, j’en pense rien.
LEA : Ça serait quand même bien de vivre avec son temps. Il faudrait rendre cette salle de spectacle plus moderne, et plus vaste.
CAOLINE : Non, surtout pas, le théâtre, il a déjà bien trop changé.
ELISABETH : Il faudrait surtout que les gens soient autorisés à parler, comme avant !
ELSA BLOOM : Ah ! Mon dieu ! Regardez, encore un spectacle qui parle de la mort.
C’est drôle, hier, je me suis demandée si nous les morts nous ressentons encore la passion, l’amour, la tragédie qu’on avait de notre vivant...
J’ai l’impression d’être éteinte, parfois.
CAROLINE : Moi, ce qui me manque vraiment, c’est de sentir les tissus sous mes mains.
ELISABETH : Ben quoi, on est mort, on est mort. Point.
LEA : De toute façon être mort, c’est quand ton esprit sort de toi. Mais on est d’accord, ça n’existe pas. On est d’accord, c’est un truc imaginaire, tout ça !

MAISSA